Le repas à un euro est une petite révolution attendue depuis longtemps. Initialement réservée aux étudiants concernés par le système de bourse sur critères sociaux du Crous (Centre régional des Œuvres Universitaires et Scolaires N.D.L.R.), cette réforme concerne plus de 3 millions d’étudiants.
Au Puy-en-Velay, près de 2.000 étudiants, sans condition de revenus, bénéficient de la mesure.
Dans les couloirs bétonnés de l’IUT amenant au restaurant universitaire, les étudiants échangent sur cette nouvelle mesure.
Un manque de communication
« C’est vous qui me l’apprenez, je n’avais pas vu passer l’information », indique Kateline, étudiante en BTS audiovisuel. Son camarade, Noam, n’était pas au courant non plus. « J’avais déjà le repas à un euro en étant boursier, mais c’est une bonne chose que ça se démocratise aux étudiants. »
Pour Romain, étudiant à l’IUT, l’information non plus n’a pas été connue immédiatement. « C’était par le biais d’un compte Instagram que j’ai su. Entre étudiants on en a très peu parlé parce qu’on est en stage ou en alternance. »
La mesure mise en place le 4 mai coïncide avec la fin de l’année scolaire et la période des stages pour beaucoup d’étudiants. Le Crous, de son côté, a justifié ce choix par la nécessité de faire une période tampon qui va permettre de gérer les potentiels afflux importants de la rentrée de septembre.
« Le portefeuille peut respirer »
« Je ne suis pas boursier, j’ai une situation plus que correcte par rapport à beaucoup d’étudiants, reconnaît Romain. Je payais environ 65 euros de restaurant universitaire par mois. C’est une dépense qui peut être importante par rapport à un budget étudiant. Avec un euro par repas, cela me permettra de budgetiser une sortie, par exemple. » Beaucoup d’étudiants en situation de précarité ne peuvent souscrire aux bourses étudiantes. Ils subissent une double peine.
D’après une étude’Ipsos BVA parue en avril 2026, près de 9 étudiants sur 10 disposent de moins de 800 euros de ressource mensuelle et près de la moitié vivent avec moins de 400 euros.
Alexis, boursier, était déjà concerné par le repas à un euro, mais il note que ce repas est « une véritable aubaine pour une grande majorité d’étudiants. Chaque semaine ils peuvent avoir un repas complet par jour pour 1 euro. » Et d’ajouter : « Ce qu’on oublie souvent, c’est qu’avec les repas dans les restaurants universitaires ou les Crous, on peut manger équilibré et sainement. On n’est pas obligé de se cantonner à des assiettes de riz ou de pâtes chaque jour, ça fait du bien au moral. »
Quelques doutes malgré tout
Saluée par une majorité d’étudiants, satisfaits de pouvoir manger à moindre coût entre deux cours, la mesure soulève quelques inquiétudes pour certains. Lucie, étudiante en dernière année à l’IUT, est perplexe. « Cette mesure est une très bonne chose, mais à quel prix ? Est-ce qu’on va renier sur la qualité des assiettes ? Les portions vont-elles être suffisantes ? Et est-ce que les horaires pour manger seront suffisants face à un afflux massif d’étudiant ? »
Le personnel du restaurant ponot de son côté préfère attendre. « Nous n’avons pas vu de différence pour l’instant mais ça s’explique par la période de fin d’année. Nous allons évidemment nous adapter en conséquence pour la rentrée de septembre. » Pour rappel, les menus sont élaborés par Cuisine en Velay avec des produits issus le plus possible des circuits courts.
De son côté, le Crous a indiqué recruter plus de 200 emplois supplémentaires pour lutter contre les risques de saturation.
Encore un long chemin
Le repas à un euro est une mesure bienvenue compte tenu de l’inflation galopante, mais de nombreux points de dépenses pèsent lourd dans les bourses estudiantines. Si se nourrir se présente comme l’une des premières variables d’ajustement des budgets, le logement est un autre point de dépense important. D’après une enquête de l’Unef (Union Nationale des étudiants de France, N.D.L.R.), en dehors de la capitale, les loyers moyens atteignent 490,97 euros. Le parc locatif privé a fait augmenter de 1,72 % les dépenses des étudiants dans ce domaine précis. Toujours selon l’enquête du syndicat étudiant, en 2023, le coût de la vie étudiante a augmenté de 6,47 %, ce qui représente près de 600 euros supplémentaires par an. Selon une autre étude menée en 2025 par l’association Cop1, 39 % des étudiants déclarent avoir déjà dû renoncer à chauffer leurs logements faute de moyens. La bataille contre la précarité étudiante est donc encore loin d’être finie.
Les origines de cette mesure
Réservé initialement aux étudiants boursiers, le repas à un euro avait été élargi à tous les étudiants du temps de la crise sanitaire. Sa pérennisation avait été réclamée par de nombreux syndicats étudiants et personnalités politiques de gauche depuis des années. C’est dans le cadre du budget 2026 que le gouvernement a cédé et ouvert le dispositif du repas à 1 euro à tous les étudiants sans conditions de revenu. Avec un budget dédié de 50 millions d’euros en 2026, il va être porté à 120 millions en 2027 afin de compenser le manque à gagner pour l’État. Le coût réel d’un repas est estimé entre huit et neuf euros par étudiant. En parallèle de cette avancée, le gouvernement a fait un pas en arrière avec la suppression, pour 100 millions d’euros d’économies, des APL pour les étudiants étrangers (hors UE), ceux non boursiers, et y compris ceux possédant un visa long séjour qui le permettait initialement.
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