
À deux heures du coup d’envoi d’un match légendaire entre Le Puy Foot 43 et les Girondins de Bordeaux, nous l’avons croisé du côté de Blavozy où il était venu voir le club local face au leader Roanne (R2) et dire bonjour à ses amis de toujours avant de rejoindre Massot.
« J’ai eu la chance de jouer aux côtés de Pelé au Cosmos de New York. C’était déjà incroyable ! Mais lorsque je jouais à Murcia en Espagne, je me suis retrouvé face à Maradona du Barça. Je l’ai aussi affronté avec Palermo. Lui, le Dieu du Napoli. Je vivais un rêve éveillé », souligne celui qui a fait les grandes heures du COP au milieu des années 1980.
Un trésor né au pied de la Vierge
Avant-centre racé, généreux dans l’effort et redoutable dans la surface, Carlos Acosta l’Uruguayen incarne à lui seul une certaine idée du football : l’efficacité et l’humain.
« J’ai débarqué au Puy grâce à Henri Chaize, qui avait su qu’un jeune attaquant uruguayen de Palermo, cherchait un club en France. Il est venu me récupérer à Paris, m’a emmené au Puy et je n’ai plus bougé pendant deux ans. Ma première victoire, c’est la naissance de ma fille ici, puis j’ai vécu deux saisons extraordinaires au stade Lafayette avec les N’Domba, N’Dioro, Lepeltier, Nosibor, Gandolfi, Minard, les frères Bargas et surtout Jean-Luc Lemonnier. Lui, c’était le mien. Il savait toujours où j’étais et surtout comment me faire briller. Il restera mon passeur fétiche à tout jamais. »
Le COP rentre dans la légende… malgré la défaite
En point d’orgue, une rencontre contre l’ASSE devant plus de 42 000 spectateurs à Geoffroy-Guichard en D2 marque sa mémoire. « Quand on a débarqué dans le Chaudron, c’est tout Saint-Étienne qui tremblait. Les joueurs, on les sentait vraiment fébriles. Et puis il y a Makita qui met le seul but de sa carrière (rires) et on finit par perdre 2/0. Ils ont gagné le match et nous sommes rentrés dans les légendes », précise l’homme à la moustache.
La famille en or du COP
À une époque où le COP vit ses heures de gloire en rouge et noir, Carlos Acosta est l’homme des rendez-vous importants.
On se souvient de ses appels tranchants, de son sens du placement instinctif et surtout de son sang-froid devant le but. Un contrôle, un regard, une frappe : le geste juste, celui qui faisait vibrer la main courante et exploser de joie tout un département, voire une région. Carlos n’était pas seulement un buteur, il était un point d’ancrage, un repère pour ses coéquipiers, sur et en dehors du terrain.
« Au Puy, on a répandu de l’amour à toute une ville et ses alentours. La ferveur qu’il y avait au stade Lafayette, je ne l’ai jamais retrouvée ailleurs. Nous étions invités partout chez des gens qu’on ne connaissait même pas. Des supporters sont devenus des amis. Nous mangions chez eux, on nous déroulait le tapis rouge. Entre joueurs, on se retrouvait tout le temps : pour une partie de pétanque, une partie de cartes, les femmes se côtoyaient, il y avait une chaleur humaine très forte. Et cette puissance collective se retrouvait aussi sur le terrain. Chaque fois que je reviens, j’ai des émotions fortes qui reviennent, le COP restera ma deuxième famille », souligne une larme au coin de l’œil le goléador Ponot.
Une mission : éviter la noyade du bateau rouge et noir
Au-delà des statistiques, c’est surtout l’homme que l’on retient. Disponible, respecté dans le vestiaire, proche des supporters, Carlos Acosta fait partie de ces joueurs qui donnent une âme à un club. Il portait le maillot du COP avec fierté, comme un engagement, comme une promesse. « Bargas m’avait donné une mission car, quand je suis arrivé, tout n’était pas acquis. J’ai commencé par claquer quinze buts avec la réserve en Honneur car je n’avais pas le droit de jouer en D2 en raison des mutations. Comme le bateau coulait progressivement en équipe première, le coach argentin me dit : “Tu es l’homme de la situation, je te confie les commandes du bateau”. Il ne restait que sept matches et j’ai enfilé dix perles pour qu’on sauve la première saison », se félicite le désormais Montbrisonnais.
Pelé arrivait aux entraînements avec son avion personnel
Les années ont passé, le football a changé, mais lorsqu’on évoque les belles pages du COP, son nom revient naturellement. Avec un sourire, parfois un soupir nostalgique ou une anecdote incroyable. « Je suis passé des entraînements au Cosmos de New York aux côtés de Franz Beckenbauer, Carlos Alberto et du roi Pelé qui arrivait en avion devant une foule ébahie, au stade Lafayette un an plus tard. J’ai tellement d’anecdotes à raconter. La plus folle, c’est au Cosmos : Beckenbauer portait des chaussures dernière génération “avec aération”, afin de ne pas se brûler les pieds sur le synthétique. Il nous avait conseillé d’en acheter. Et nous, les bambinos du club, quand on a vu le prix, c’était plusieurs mois de primes pour certains… On a vite fait marche arrière et on n’a plus jamais eu chaud aux pieds », s’amuse-t-il.
En fin connaisseur, il a annoncé le pronostic du Puy Foot – Bordeaux : « Les deux équipes sont du même niveau. Ça sera très très juste, mais je vois une victoire du Puy sur le fil, et comme ça, je pourrais encore revenir au prochain tour. »
Le rendez-vous est pris samedi, à 18 heures.
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