Vous avez parlé, Fanny Ardant, de « coup de foudre » à propos du personnage que vous incarnez dans la pièce, La Blessure et la Soif. Pourquoi un tel coup de foudre pour ce texte de Laurence Plazenet ?
Vous savez bien que le coup de foudre est toujours irrationnel donc c’est difficile d’avoir une réponse précise. J’avais lu le roman de Laurence Plazenet La blessure et la Soif que j’avais beaucoup aimé, tout : l’époque, les personnages, leurs façons de vivre, de croire, de lutter. J’avais envie de rentrer dans ce monde des émotions fortes.
« J’ai toujours aimé les petites salles, pour être plus près les uns des autres »
Pouvez-vous nous parler de ce personnage de la duchesse de Clermont et si celui-ci vous a tellement séduit, n’est-ce pas au fond parce qu’il vous ressemble ?
Est-ce qu’il me ressemble ? Peut-être pour la place que l’amour prend dans la vie de Madame de Clermont. J’ai toujours pensé que l’amour était la grande histoire de la vie et que le reste on le faisait parce que l’amour nous avait oublié, qu’il avait laissé la place pour d’autres choses.
Vous revenez au théâtre après quelques années d’absence. Avez-vous pu facilement renouer avec les planches ? En d’autres termes, comment passe-t-on aussi facilement du cinéma au théâtre ?
C’est vrai que pour jouer au théâtre il faut « un coup de foudre » parce que tout est fragile, éphémère, sans certitude, magique et excitant. Donc sans l’amour fou ce n’est pas la peine d’ouvrir le rideau. J’ai commencé au théâtre, je ne croyais pas que je ferais du cinéma un jour. Si j’aimais autant le théâtre c’est parce que je croyais que tout ce qui est beau doit être partagé. Jouer au théâtre ou au cinéma c’est la même chose ; ce qui change c’est le spectateur. Le théâtre c’est le verbe, c’est la présence dans la salle obscure de tous les gens qui vous écoutent et qui imaginent en même temps que vous.
Abordez-vous différemment votre travail de comédienne en fonction de la scène : l’Odéon, la Gaîté-Montparnasse, l’Atelier et ce soir… Le Puy-en-Velay ?
Le Puy-en- Velay… Che Bello ! Ce qui me passionne, m’excite c’est d’arriver dans une ville où je ne connais personne. C’est de tout recommencer à zéro. C’est partager avec des êtres humains un moment qui ne reviendra plus. J’ai toujours aimé les petites salles, pour être plus près les uns des autres.
La littérature a toujours compté pour vous. De ces trois écrivaines aux vies multiples qui ont beaucoup parlé des femmes, de laquelle vous sentez-vous le plus proche : Simone de Beauvoir, Colette ou Duras ?
Libre à vous de nous proposer un autre choix. J’ai lu, très jeune, Simone Weil, la philosophe, je ne comprenais pas tout mais je sentais que tout ce qu’elle disait, était important : sur la guerre, sur le travail, sur la condition ouvrière, sur Dieu, sur la vie mystique. Elle vivait et partageait. Après, j’ai découvert Duras. Je me souviens du premier livre d’elle que j’ai lu Détruire, dit-elle. J’aime tout de Duras, ses histoires, ses personnages, son style, sa poésie, sa passion, son audace, sa liberté d’esprit et de langage, la place de l’amour, des hommes, de la politique. À chaque fois qu’un metteur en scène me demandait ce que j’aimerais jouer… je faisais semblant de réfléchir et je répondais « Duras ? ».
Que ce soit au cinéma, comme au théâtre, vous avez semble-t-il toujours incarné des femmes amoureuses, passionnées, souvent séductrices. Si vous deviez retenir quelques rôles parmi ceux qui ont particulièrement compté pour vous, que choisiriez-vous ?
Il y a tant de personnages que j’ai aimé jouer, je ne peux pas et je ne veux pas les dissocier de ma vie. Je dirai La Femme d’à côté parce que c’était le premier rôle au cinéma que j’ai joué et qui était tout ce que je croyais de l’amour et de la vie.
Pratique. La Blessure et la soif, avec Fanny Ardant, texte de Laurence Plazenet, mise en scène de Catherine Schaub. Durée 1 h 30.
Représentation ce soir à 20 h 30 au théâtre du Puy-en-Velay. Il reste encore quelques places disponibles. Pour en savoir plus : spectacles-envelay.com ou 04.71.09.03.45 ou directement au théâtre de 10 h 30 à 12 h 30.
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