
Le festival des Nuits de Saint-Jacques s’est terminé samedi, après trois soirées au jardin Henri-Vinay. Que retiendrez-vous de cette neuvième édition ?
« Nous avons vécu trois soirées pleines de charme avec des univers musicaux différents et complémentaires. Le parti pris était à la fois de séduire un public de festival et toucher plusieurs générations. La soirée d’ouverture restera dans les mémoires avec le show explosif de Santa et la prestation exceptionnelle de Jean-Louis Aubert. On retiendra aussi cette communion entre le public et -M- et Lamomali le dernier soir. »
Porter un festival sur trois jours, c’est lancer une grosse machine ?
« C’est un énorme travail de préparation. Heureusement, nous avons une équipe au sein de l’office de tourisme qui déborde d’énergie. Elle s’appuie sur des prestataires professionnels et sur des bénévoles les jours de festival. Tout cela ne se construit pas au hasard, il faut beaucoup de passion et un peu de folie pour se lancer dans un tel projet. »
Comment se construit la programmation ?
« Ce n’est pas simple. Il faut tenir compte des disponibilités des artistes et de leurs cachets. Tout s’est emballé depuis la pandémie du Covid-19. Les festivals ne sont plus seulement des temps de promotion pour les artistes et leur production.
« On revendique notre ADN : un festival à dimension humaine »
Ce sont aussi des rendez-vous qui contribuent à leur économie. Aux Nuits de Saint-Jacques, on a toujours misé sur la qualité de l’accueil. Ce n’est pas notre seul atout. Le jardin Henri-Vinay est un lieu atypique : au cœur d’une ville, au pied d’un monument emblématique. Cela ne laisse pas indifférent les artistes et les équipes qui les accompagnent. »
Au final, combien de billets ont été vendus pour chacune des trois soirées ?
« Nous avons accueilli entre 17 000 et 18 000 festivaliers. C’est une fréquentation qui nous correspond bien. On revendique notre ADN : un festival à dimension humaine. 36 % des festivaliers sont extérieurs au département. Nous ne proposons pas un environnement avec des prestations type camping. On est plutôt sur un “mix” entre festivaliers et fans. C’est à la fois un avantage et un handicap. Si pour certains festivals, la programmation est secondaire, et que c’est avant tout l’esprit festif qui prime, ce n’est pas notre cas. »
Avec un budget d’un million d’euros, le festival sera-t-il à l’équilibre ?
« Les choses se compliquent d’année en année. Les coûts augmentent de 20 à 30 % par an pour le matériel, la sécurité, les cachets des artistes… C’est colossal. Pour rester au niveau et ne pas augmenter le prix des places, nous essayons de développer le sponsoring même si le tissu local est déjà très sollicité.
La part des subventions dans le budget 2025 est de 8 % et provient en quasi-totalité de la Région Auvergne Rhône-Alpes. La ville du Puy-en-Velay est le second partenaire avec des prestations de services qui sont indispensables et précieuses. Cette année, nous avons optimisé nos recettes sur le village avec la carte « cashless » qui a permis de régler ses consommations dans les trois buvettes et les huit espaces de restauration. Jusque-là, nous étions le seul festival qui ne prenait pas de recettes sur les produits annexes tout en ayant 100 % des charges. On ne pouvait pas continuer à tout payer sans avoir un intéressement. »
Justement, quel est le bilan des différents prestataires présents sur le village ?
« Depuis deux ans, ce village nous apporte une expérience festival qui manquait. Les prestataires sont très satisfaits. On sait que chaque festivalier a dépensé en moyenne 21,80 € dans le village. »
Les retombées économiques pour la ville du Puy-en-Velay sont-elles évaluées ?
« C’est difficile de les mesurer. Ce qu’on peut dire, c’est que les hôtels ont travaillé en direct avec le festival et les productions, ce qui a incontestablement contribué à leur taux de remplissage. Nos prestataires sont des locaux, que ce soit les traiteurs, les aménagements, une partie de la sécurité, les pressings, les transports, les assurances… »
« Nous arrivons à la fin d’un bail. À voir si les collectivités souhaiteront poursuivre l’an prochain »
Déjà des idées pour le dixième anniversaire en 2026 ?
« Nous arrivons, si on peut dire, à la fin d’un bail. Le festival a été créé il y a dix ans (avec une année de coupure, NDLR). C’était une autre époque. Nous allons d’abord nous rapprocher des collectivités locales, en particulier de la ville et de l’agglomération, pour savoir si cet évènement compte pour elles et si elles souhaitent que l’office de tourisme poursuive en ce sens. Cette année, nous avons dû faire face à des attaques très virulentes en raison du changement de dates, alors que cela avait été expliqué et validé en amont (Les Nuits de Saint-Jacques ont eu lieu le même week-end que le Festival Country de Craponne-sur-Arzon et Interfolk au Puy-en-Velay, NDLR). Notre structure n’a pas pour vocation à diviser, mais à rassembler. Si nous pouvons trouver une date qui réponde aux attentes de chacun, nous nous engagerons pleinement. Si cela n’est pas possible, il faudra en tirer les leçons. Comme le chante Michel Jonasz, « Y a rien qui dure toujours, y a rien qui soit toujours pareil ! » »
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