
Devant le siège de l’Assurance maladie au Puy-en-Velay, Clément Paturel, masseur-kinésithérapeute à Yssingeaux a pris la parole pour préciser les motifs de leur profond mécontentement.
« Attendue depuis 2008, et alors qu’elle était prévue pour le 1ᵉʳ juillet, la revalorisation des tarifs d’actes de kinésithérapie est reportée à la fin de l’année, en raison, selon les instances décisionnelles nationales “d’un risque de dépassement de l’objectif national de dépenses de l’Assurance Maladie”, un risque qui n’est pas de notre fait ! »
Une augmentation de 0,40 % entre 2019 et 2023
Et pour les soignants, cette revalorisation devenait urgente. « La baisse de revenus atteint près de 20 % en 20 ans, résultat d’une hausse des charges conséquente combinée à des honoraires très peu revalorisés. » Entre 2019 et 2023, les professionnels avaient obtenu une augmentation moyenne des tarifs de 0,40 %, dans un contexte où l’inflation flirtait avec les 12 %.
À l’issue de nouvelles négociations, un avenant à la convention nationale a été signé et fixe un nouveau volet de mesures, dont la revalorisation des tarifs étalée sur trois ans. Mais cette dernière est conditionnée par l’acceptation de nombreuses contreparties : obligation d’exercice en zone sous-dotée pour les jeunes diplômés, nouvelles cotations, refonte de la nomenclature…
« En 2024, 51 actes et 20 nouvelles lettres clés sont venus compléter la nouvelle nomenclature kiné que nous appliquons depuis l’an dernier, avec des conséquences en termes de temps consacré aux démarches administratives. À titre d’exemple, une séance de rééducation était auparavant cotée AMS (acte de rééducation par le masseur kinésithérapeute), quelle que soit la partie du corps du patient concernée. Cette nouvelle grille nous conduit à devoir préciser sur quel membre, articulation… la séance est réalisée. Si nous nous plions bien volontiers à l’exercice, nous espérons toutefois que les statistiques ainsi recueillies ne seront pas utilisées à des fins déviantes. »
Déception, résignation, amertume…
S’ils ont scrupuleusement respecté leurs engagements, l’annonce du report de la revalorisation de leurs tarifs plonge les quelque 250 professionnels du département dans un profond désarroi, « il ne s’agit pas tant de colère mais d’une immense déception, d’autant que nous avons appris le report au 1er janvier 2026 de cette mesure, dont on ne sait pas si elle sera au final appliquée, quelques jours seulement avant l’échéance. On a l’impression d’être la cinquième roue du carrosse ! »
Contactée par téléphone, Carole Gigant, responsable du syndicat FFMKR pour la Haute-Loire, annonçait – tout en regrettant n’avoir reçu aucune réponse à son courrier adressé à la CPAM -, un premier bilan de cette mobilisation à l’échelle nationale : avec une quarantaine de départements concernés. D’autres actions devraient suivre durant l’été.
*Les syndicats représentants de la profession : la Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR), le syndicat national des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR) et ALIZE, créé en mars 2008 en réponse à la création de l’ordre des kinésithérapeutes.
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