À une verste du cœur de ville, à seulement quelques pas des grands escaliers de la cathédrale, l’ouverture d’une nouvelle galerie d’art, l’été dernier, est presque passée inaperçue, un peu boudée il est vrai par les touristes, se tordant les pieds sur les pavés, sans doute un peu pressés d’en finir avec l’ascension de la rue des Tables, pour honorer Notre-Dame ou de gagner l’Hôtel-Dieu.
Le logis des Coste est un lieu intimiste, plein de charme. Désormais un lieu d’exposition dont on peut pousser la porte les fins de semaine, y trouver son bonheur parmi les œuvres qu’il abrite et qui sont à la portée de toutes les bourses.
Des spécialités différentes selon les artistes
Cinq artistes s’y expriment depuis sa création et assurent les permanences à tour de rôle. Le premier d’entre eux est Bernard Fayard, qui est installé aux Villettes et dont le patronyme trahit ses origines sigolénoises. C’est lui qui a acquis cet espace, une ancienne antenne de l’office de tourisme, qu’il a restauré pour y recevoir les œuvres et les visiteurs. Bernard Fayard est surtout connu en tant que sculpteur. L’artiste utilise différents matériaux : la pierre, la résine, le plastique qu’il se procure autour de chez lui.
Son complice, le Chadracois Pierre Taillebot, aime travailler l’engobe, une terre ferrugineuse ou le grès qu’il cuit dans un four à bois (à 280°C) et qu’il possède à La chapelle-Bertin. « L’émail se rétracte à la cuisson, ce qui donne à l’œuvre son côté aléatoire », commente le sculpteur. Une pièce puise son origine dans l’actualité. Elle est baptisée « Impact », comme celui que laisse une balle traversant la cloison d’une salle de bains. Cette image prise en Ukraine a frappé l’artiste. À partir de cette vision, il a laissé s’exprimer son imagination.
Autre céramiste, autre spécialité avec Ronald Turcan de Saint-Christophe-sur-Dolaizon. Celui-ci affectionne les terres industrielles, cuites au bois, comme celle de Bollène servant à la fabrication des briques réfractaires.
L’artiste a longtemps travaillé dans le social. Le thème de la résilience, cette force intérieure qui permet de se régénérer, se retrouve dans pratiquement toutes les pièces qu’il expose. Sa série sur les bols, aux formes tourmentées et japonisantes, réalisée avec Pierre Taillebot, ou ses cubes rescapés de quelque cataclysme semblent avoir conservé les traces de vie anciennes et enfouies.
Depuis qu’elle s’est saisie d’un crayon, d’un pinceau, qu’elle a osé poser sur une feuille des mots, des formes, des couleurs, l’aquarelliste Viviane May de Bas-en-Basset s’épanouit auprès des animaux dont le trait de caractère transpire sur la toile. Elle raconte sans cesse de nouvelles histoires d’eau. La nature comme elle l’explique, discrètement lui procure « un vrai bonheur ». Avec l’artiste chinoise Qi Gao on reste dans le symbolisme. La jeune femme est arrivée au Puy il y a une dizaine d’années pour ses études à l’IUT. Elle n’en est plus repartie.
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