
Les finances du diocèse étaient en déficit il y a encore trois ans. On en est où ?
« Il y a trois ans, les comptes étaient en effet fortement déficitaires, de l’ordre de 1,5 million d’euros. On a avancé pour arriver à un équilibre en 2024 avec un résultat positif de 100 000 euros. On devrait le maintenir en 2025. Pour cela, on a limité au maximum nos charges. On a réduit de manière progressive la masse salariale. En cinq ans, on est passé de 40 à 35 équivalents temps plein.
On a développé une campagne de legs qui a fortement aidé à rétablir les comptes en plus d’une gestion de l’immobilier. On arbitre entre ce qu’on doit garder et ce dont on peut se séparer. On vend principalement des appartements ou des maisons qu’on a reçus en legs.
Se pose aujourd’hui la question de l’ancien lieu de communautés religieuses de Sereys à Chomelix. On a en projet de le vendre avec la chapelle. L’Église ne vit que de dons. Le denier de l’Église (la collecte annuelle auprès des fidèles) a connu un léger tassement en 2025 (moins 1 %), mais ça ne remettra pas en question notre équilibre. »
« Notre enseignement catholique est très dynamique et très présent »
Plus de 40 % des élèves sont scolarisés dans les établissements catholiques. Comment maintenir cet attrait ?
« Le taux de 40 % en Haute-Loire est largement supérieur au taux enregistré au niveau national. Depuis septembre, je consacre deux jours par mois pour des visites pastorales dans tous les établissements scolaires catholiques sous contrat. J’ai commencé par Notre-Dame du château à Monistrol-sur-Loire et je terminerai au printemps par Saint-Gabriel à Yssingeaux.
Ils sont tous très novateurs avec le souci de créer des filières et formations professionnelles en adéquation avec notre société. Mon souci est de développer la pastorale pour donner du sens. La dernière assemblée des Évêques de France a souhaité mettre l’Éducation au cœur de ses préoccupations pour les trois prochaines années. Quand on éduque bien, la société va bien. »
Le diocèse, comme partout en France, est confronté à la crise des vocations. Cela va-t-il encore s’aggraver ?
« Il n’y a pas eu d’ordination de prêtres depuis 2013. Mais cela va changer puisque nous accueillons trois nouveaux séminaristes. Ils arrivent du Mexique, du Costa Rica et d’Équateur, via le Chemin Néocatéchuménal , un mouvement de formation catholique. Actuellement, ils poursuivent leurs études dans le séminaire d’Avignon puisqu’il n’y en a pas au Puy. L’un d’eux est médecin ».
Une reconversion vers la prêtrise ?
« Oui, c’est souvent le cas. Moi-même, j’ai travaillé dix ans au Trésor public avant d’entrer au séminaire et d’être ordonné prêtre à 40 ans. Les chemins du Seigneur nous rappellent là où nous sommes ! »
Trois séminaristes et trois ordinations de diacres à venir
Quelles solutions avez-vous pour pallier le manque de prêtres ?
« Actuellement nous avons sept prêtres de Madagascar qui ont le statut de Fidei Donum et qui nous sont prêtés pour un temps limité. Le vivier, en France, est faible. La tradition d’ordonner uniquement des prêtres qui venaient du diocèse est loin. Au printemps, nous devrions avoir l’ordination de trois diacres permanents : un agriculteur à Venteuges, un ébéniste à la retraite à Brioude et un cadre d’entreprise au Puy-en-Velay.
Des hommes qui peuvent être mariés, avoir un métier mais qui se mettent pour le reste de leur vie au service de l’Église. Ils célèbrent les baptêmes, les mariages, les funérailles etc. Il y a vingt diacres actuellement au Puy-en-Velay, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Nous essayons de développer l’appel dans l’est du département.
Nous avons aussi lancé une équipe de laïcs pour la gouvernance de paroisse qui assume la charge du curé à Brives-Charensac. On va développer cette proposition de responsabilités probablement en septembre dans une ou deux autres paroisses. »
Le chiffre
79
Ils sont 79 prêtres à résider en Haute-Loire contre 109 il y a encore quatre ans. La moyenne d’âge est de 72 ans.
Droit à l’aide à mourir : « C’est la vie qui doit être défendue, pas la mort »
A contrario, les catéchumènes, ces adultes qui se forment pour être baptisés, sont toujours plus nombreux ?
« Oui et c’est nouveau. Ce chemin dure environ deux ans. Les adultes qui se forment pour être baptisés sont une cinquantaine alors, qu’il y a quelques années, c’était plutôt une dizaine. Cela croît doucement. En Haute-Loire, sur environ 1 700 nouveau-nés par an, on en baptise un peu moins de 50 %. »
Vous suivez les débats au Sénat sur la Loi sur la création d’un « droit à l’aide à mourir ». Votre avis ?
« Pour moi, cette actualité est douloureuse. C’est la vie qui doit être défendue, pas la mort. On sait que les soins palliatifs ne sont pas assez mis en œuvre. Accompagner les personnes vers la fin naturelle de leur vie peut être fait. On a déjà la loi Claeys-Léonetti qui permet dans les cas les plus dramatiques de souffrances, de proposer des protocoles de sédation profonde qui peuvent même entraîner les morts. On ne doit pas ouvrir un droit général à mourir. Quand quelqu’un doit mourir, on l’accompagne. On ne le fait pas mourir. Parce que cela ne nous appartient pas. »
Des personnes âgées me disent : “ça va être la guerre mondiale”. Je ne veux pas y croire
Mgr Baumgarten
Les élections municipales vous intéressent ?
« La fonction de maire relève presque du sacerdoce aujourd’hui. Les élus font un énorme travail de cohésion et de lien social sans être toujours considérés comme ils devraient. C’est pourtant un bel engagement. »
Le contexte politique international suscite beaucoup d’inquiétudes. Ça vous inspire quoi ?
« Je suis un peu perdu devant cette situation politique. Il ne faut pas perdre cette volonté du dialogue et de la diplomatie. Ce n’est pas parce que des chefs d’État renversent la table qu’on doit les imiter. J’apprécie la posture de notre pape qui avance prudemment. Le réseau diplomatique du Vatican est un réseau très bien fourni, efficace, confidentiel et qui travaille. Des personnes âgées me disent : “Ça va être la guerre mondiale”. Je ne veux pas y croire. Ce qui m’inquiète, c’est que des gens pensent que pour se préparer, il faut se surarmer. Au contraire il faut avoir le courage de ne pas entrer dans cette escalade. »
Le pèlerinage à Lourdes se déroulera du 6 au 11 avril. D’autres pèlerinages sont prévus à Fatima au Portugal, à Assise en Italie et à Izmir en Turquie.
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