Selon Santé publique France, près de 3.500 personnes succombent chaque année à une obstruction des voies respiratoires, soit plus de 8 décès par jour. Un drame de ce genre a été évité de justesse, ce week-end, dans une brasserie du Puy-en-Velay.
Samedi 21 février, jour de marché, la salle de restauration de La Distillerie est en pleine effervescence. Un groupe de quatre jeunes hommes dans la vingtaine s’installe dans les fauteuils en cuir de l’entrée de l’établissement pour déjeuner. Un peu plus tard, ils acceptent de céder leur place à d’autres clients parmi lesquels se trouve une personne à mobilité réduite. Ils prennent finalement place sur une table haute, située en plein milieu de la salle. Un détail qui a son importance.
Pendant le service, l’un d’eux adopte tout à coup une attitude surprenante en se penchant en avant. Une caméra a filmé la scène en intégralité. Sur les images, on voit une cliente, venue déjeuner avec ses grands-parents, qui s’aperçoit que l’homme en face d’elle a un problème. Alors qu’elle se dirige vers lui et commence à lui taper dans le dos, un premier serveur arrive et comprend à son tour qu’une personne s’étouffe. Le client se lève, le serveur se positionne derrière lui, le ceinture et commence à faire des gestes de compression.
« Je leur ai mis une bière pour faire passer le reste »
Alors qu’il sort des cuisines, Ervis Zira analyse la scène. « Je suis allé vers le client et j’ai demandé à mon collègue de me laisser faire. » Le jeune homme de 27 ans, d’origine albanaise, n’a pourtant aucune formation de secourisme. Il s’est placé dans son dos, l’a ceinturé et a placé ses poings sous sa cage thoracique pour exercer au total une trentaine de compressions.
Se rendant compte de la gravité de la situation, d’autres convives se sont mis à l’encourager. « J’avais super peur, confie le jeune serveur. J’ai ressenti une sensation très bizarre. » Alors qu’il sent que les forces de l’homme qu’il tient dans ses bras l’abandonnent, le client se met à vomir, expulsant un très gros morceau de viande. Le soulagement est immédiat. Le temps que tout le monde reprenne ses esprits, le serveur s’éclipse, puis réapparaît : « Je leur ai mis une bière pour faire passer le reste », sourit Ervis Zira.
En réagissant avec sang-froid, se basant simplement sur « des gestes que j’avais vus », le serveur a sauvé la vie d’un homme en train de s’étouffer.
L’héroïsme d’Ervis Zira a rapidement fait le tour du Puy. D’autant plus que le jeune homme n’a pas eu un parcours de vie facile.
Né en Albanie en 1998, il a quitté son pays à l’âge de 17 ans avec un projet en tête : « Aller en Angleterre avec mon ami d’enfance ». Il est arrivé en Italie en bateau et a gagné la France en train pour ensuite descendre en gare de Saint-Étienne, où vit l’une de ses tantes. Son ami, lui, n’a pas réussi à passer la frontière, ce qui a changé la donne. Ervis se retrouvait mineur isolé, sans parler un mot de français. Il s’adressait à un éducateur qui lui proposait une place dans un foyer au Puy, inscrit en CAP Hôtellerie-restauration à Bains. Il est dans la foulée pris en stage à La Distillerie avant d’obtenir son brevet professionnel et de maîtriser la langue de façon impeccable. Un atout supplémentaire dans sa démarche de naturalisation.
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