
En juillet dernier, la proposition de loi déposée par le sénateur de Haute-Loire Laurent Duplomb, visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur était adoptée à l’Assemblée nationale. Mais en août, le Conseil constitutionnel retoquait une disposition, celle autorisant la réintroduction d’un insecticide néonicotinoïde, l’acétamipride, aujourd’hui interdit en France. Les Sages avaient décidé de censurer ce passage du texte de loi « faute d’encadrement suffisant » quant à la durée, au type ou à la technique de traitement des filières concernées.
Le parlementaire altiligérien est revenu à la charge pour réintroduire le pesticide « tueur d’abeilles » et le flupyradifurone avec une nouvelle version de la loi. Celle-ci tient en trois articles, qui se concentrent sur les betteraves, noisettes, cerises et pommes. « Ce sont les filières les plus en souffrance, celles présentées dans le rapport de l’Inrae sur les alternatives aux néonicotinoïdes comme étant dans une impasse technique par manque d’alternative aux produits phyto », précisait Laurent Duplomb le 2 février.
« Des gens comme Laurent Duplomb s’assoient sur la démocratie »
Et ce, peu importe si la pétition s’opposant à la première version avait atteint plus de 2,2 millions de signatures à la fin de l’été. « C’est un véritable mépris », s’indigne Hervé Braud, apiculteur et porte-parole de la Confédération paysanne, qui s’est joint à la manifestation devant la préfecture de Haute-Loire ce samedi 7 février, en début d’après-midi. Ils et elles étaient 200 à faire part de leur colère, face à la loi « Duplomb 2 », après avoir répondu à l’appel au rassemblement lancé par France Nature Environnement (FNE), la Confédération paysanne, Nature et Progrès et Haute-Loire bio.
Si le rassemblement a commencé place du Breuil, il a terminé rue Vibert, devant la permanence parlementaire du sénateur.
Entre pancartes et drapeaux flottant au vent, floqués Confédération paysanne, les Écologistes, ou encore LFI, Emmanuel, retraité de l’administration, explique : « Je suis là parce que des gens comme Laurent Duplomb s’assoient sur la démocratie. Une grande majorité des Français s’est opposée à cette loi, mais il n’écoute pas et s’obstine. C’est déplorable. »
« Il est prouvé que les néonicotinoïdes sont nocifs pour la nature et pour la santé »
Quelques mètres plus loin, une femme vêtue d’une combinaison d’apicultrice, est résignée. Son mari élève des abeilles depuis quinze ans. Si elle est là aujourd’hui, c’est pour le soutenir, ainsi que le reste de la profession. Celle qui fait partie des signataires de la pétition, souffle : « Scientifiquement, il est prouvé que les néonicotinoïdes sont nocifs pour la nature et pour la santé humaine. Face à la nouvelle loi Duplomb, c’est l’écœurement. Ces gens sont guidés par des intérêts économiques, pas des intérêts humains. » Laura (prénom d’emprunt), se dit très inquiète pour l’avenir. « On a le sentiment que se mobiliser ne sert à rien. On pensait qu’après la “fessée” que Duplomb avait prise, il allait s’arrêter là. »
« Pour que les générations futures puissent bénéficier d’un monde vivable »
Face à la petite foule rassemblée ce samedi devant la permanence du Laurent Duplomb, Guillaume Charmasson, président de FNE 43, prend la parole au nom de l’association. « Il ne faut pas que cette loi passe. Pour que les générations futures puissent bénéficier d’un monde vivable, respirable, des aliments sains. C’est lunaire d’en être à demander cela. » Avant de reprendre un slogan inscrit sur l’une des pancartes, une citation de Fleur Breteau, qui a créé le collectif Cancer Colère, qui se bat pour que plus personne ne meure en raison d’un environnement pollué : « Personne n’acceptera de tomber malade pour sauver une filière agricole. »
Jean-Pierre Milone, au nom des Écologistes, ne peut qu’approuver : « Il est prouvé que ce produit phytosanitaire pénètre dans le liquide placentaire. C’est un énorme risque pour les enfants. »
Jacques Marcon également très mobilisé
Pour clore les prises de parole, le chef triplement étoilé Jacques Marcon, s’empare du micro. Il brandit le livre Martine à la ferme, sous les rires des manifestants. En juillet dernier, quand le cuisinier avait critiqué la loi dite « Duplomb », le sénateur lui avait répondu qu’il parlait d’histoires idéalisées, comme celles du conte pour enfants. « Il faut se battre tous ensemble contre cette loi et qu’on se batte pour bien manger. Il faut aussi garder ses convictions. Même si je reçois beaucoup de pressions, j’ose parler, et je n’en ai rien à faire », martèle-t-il, sous les acclamations.
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