
En Haute-Loire, la famille Gauthier a reçu un courrier du tribunal de commerce du Puy-en-Velay (Haute-Loire) indiquant qu’il fallait régulariser leur GAEC en déclarant le décès de son gérant.
Il doit prouver qu’il est… vivant. Patrice Gauthier s’occupe d’une ferme de vaches laitières à Saint-Jean-de-Nay (Haute-Loire). Depuis 32 ans, cet agriculteur est considéré comme mort à cause d’une erreur administrative, rapporte L’Eveil de la Haute-Loire.
Sa femme, Françoise, explique que le couple a reçu, en avril dernier, un courrier du tribunal de commerce du Puy-en-Velay (Haute-Loire) indiquant « qu’un Patrice Gauthier serait né le même jour que mon mari et serait décédé en 1994. Le tribunal nous demande de régulariser le GAEC (statut permettant à des agriculteurs associés la réalisation d’un travail en commun, NDLR) et de déclarer que le gérant n’est plus là, qu’il est décédé ».
Un autre Patrice Gauthier ?
Comment une telle erreur a-t-elle pu être commise ? À l’aide d’un logiciel chargé de vérifier les données des entreprises, le tribunal de commerce a supposé qu’il existait un homonyme dans la famille et a notamment pensé au père de l’agriculteur. Pourtant, aucun autre Patrice Gauthier n’existe. Aucun grand-père homonyme n’est décédé. « Mon grand-père est toujours en vie, il vient encore nous aider à la ferme […] et il ne s’appelle même pas Patrice », affirme Florent Gauthier, agriculteur et fils du prétendu défunt. Il poursuit : « On se dit qu’on pourrait s’arrêter du jour au lendemain, que le GAEC pourrait disparaître sans même qu’on le sache ».
Afin de garantir la fiabilité des informations qu’il enregistre, le greffe a demandé à Patrice Gauthier un extrait de son acte de naissance. « Un acte n’est pas valable s’il ne passe pas par la bonne personne. Aujourd’hui, avec l’IA et les problèmes que nous rencontrons avec les hackers, il est important de sécuriser les données », justifie Virginie Cosmano, greffière au tribunal de commerce du Puy-en-Velay.
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Inquiète de voir le GAEC de son exploitation disparaître, la famille s’est empressée de répondre aux requêtes du tribunal de commerce afin de mettre à jour leur situation administrative. Dans l’attente d’une rectification, ils fustigent ces démarches pénibles imposées par une erreur que personne ne semble aujourd’hui en mesure d’expliquer.
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