
L’affaire a suscité une telle polémique que la porte-parole du gouvernement a été interrogée dessus ce mercredi 22 avril lors du compte rendu du conseil des ministres. Mais quatre jours après, il est toujours aussi difficile de savoir précisément ce qu’il s’est passé, dimanche 19 en début d’après-midi, à Espaly-Saint-Marcel.
Tout commence vers 14 heures lorsque la police est alertée sur la présence d’un homme armé en bas de sa résidence, située dans cette bourgade de 3.500 habitants située au nord du Puy-en-Velay (Haute-Loire). L’homme, âgé de 65 ans, est arrêté et placé en garde à vue. En audition, il confirme être descendu avec sa carabine à plomb pour se plaindre parce que des enfants faisaient trop de bruit.
Pas de propos racistes d’abord évoqués
« Le mis en cause a reconnu avoir voulu impressionner les enfants dont il disait ne plus supporter les bruits et a admis un tir en direction du ciel, sans viser personne », avait précisé mardi le procureur du Puy-en Velay, Antoine Jocteur-Monrozier. « Oui, il reconnaît avoir brandi l’arme en l’air et même qu’un coup serait parti accidentellement », complète une source proche de l’enquête à BFMTV.
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Dans l’après-midi, les policiers procèdent à l’audition d’un enfant de dix ans et de son père. Ceux-ci indiquent que l’homme a bien pointé son arme en direction des enfants. « Aucun tir en direction des personnes présentes n’a été constaté et aucune personne n’a été blessée », a indiqué le procureur. « Mais aucun des deux (ni le père, ni le fils) n’évoque alors de propos racistes, poursuit notre source. Un autre témoin interrogé ne parle pas non plus de propos racistes ».
Le père, qui a conduit son enfant à l’hôpital au préalable et déposé plainte, produit alors un certificat médical sans qu’aucun jour d’incapacité totale de travail ne lui soit décerné. Ce certificat ne mentionne aucune trace de lésion visible, selon une source proche de l’enquête.
Des politiques s’emparent de la polémique
Le lundi, après avoir passé une nuit en garde à vue, le sexagénaire est finalement libéré avec une convocation à se présenter au tribunal judiciaire du Puy-en-Velay, en juillet prochain, pour être jugé pour « violences avec arme sans jour d’incapacité totale de travail ». De la justice, il n’est connu que pour des faits de « travail dissimulé » et la perquisition à son domicile n’a pas révélé la présence d’armes autre que la carabine à plomb par les enquêteurs. L’achat de cette arme de catégorie D ne nécessite pas d’autorisation particulière.
Mais dans la soirée du lundi, peu après 20 heures, Le Progrès publie un article sur cette affaire avec une version différente. Citant un témoin anonyme sur place, le quotidien raconte que l’homme de 65 ans aurait tenu des propos racistes – »Dehors les noirs et les Arabes »– et aurait même tiré sur l’un des enfants, le touchant à un mollet.
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Une vidéo surgit sur les réseaux sociaux. Visiblement antérieure aux faits dénoncés, elle montre l’homme en colère affirmer qu’il est « raciste » et même « fier » de l’être. L’article se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Certains hommes politiques s’en emparent comme Sacha Houlié, député Place publique de la Vienne, qui demande que ces faits soient traités comme « un acte de terrorisme » ou encore Thomas Portes, député LFI de Seine-Saint-Denis, qui dénonce le « racisme décomplexé ». « Des informations inexactes circulent » au sujet de cette affaire, avait pourtant alerté le parquet, dès le 21 avril.
Une nouvelle enquête ouverte
Alors que la polémique enfle, le père de l’enfant de dix ans se présente à nouveau devant les policiers, mercredi. « Il explique alors que son enfant a passé une très mauvaise nuit après les faits, qu’il est choqué et qu’il est donc retourné voir son médecin qui lui a décerné trois jours d’incapacité totale de travail, précise notre source. Mais à aucun moment, il ne fait état d’un tir dans le mollet ».
Lors de cette seconde visite au commissariat, le père de l’enfant précise aussi que le sexagénaire aurait bien tenu des propos racistes lors de l’épisode tendu. « Il précise qu’il l’aurait dit lors de sa première déposition. Mais pour une raison que l’on ignore, cela n’apparaît absolument pas dans la procédure ».
Avisé de ces nouveaux éléments, le parquet du Puy-en-Velay reprend les choses dans l’ordre et ouvre une nouvelle enquête pour « injures publiques à caractère raciste ». Ce que confirme à BFMTV le procureur Antoine Jocteur-Monrozier. « À ce stade, les enquêteurs procèdent à des auditions afin de vérifier ces faits d’injures, précise-t-il simplement. Le mis en cause sera également interrogé là-dessus à terme ». En fonction des investigations, les deux procédures pourront être jointes afin que le sexagénaire soit jugé pour l’ensemble des faits.
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« Ce qui est sûr, poursuit notre source proche de l’enquête, c’est qu’il y avait un vrai conflit entre cet homme et ses voisins. Et qui ne date pas de ce week-end ». Selon nos informations, des démarches sont en cours afin qu’il soit logé ailleurs dans les prochains mois pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.
Article original publié sur BFMTV.com
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