Partager la rue entre piétons, cyclistes, automobilistes, et pourquoi pas les utilisateurs de trottinettes : c’est le message que s’efforce de faire passer depuis 2021 l’association La Puycyclette.
Autour du jardin Henri Vinay, elle proposait ce dimanche une rencontre fort sympathique baptisée « La ville est à nous », avec divers « ateliers » et brèves escapades pour inculquer dès le plus jeune âge la pratique du vélocipède, laquelle va plutôt « dans le sens de l’histoire », remarque Pierre Sahuc, représentant de l’association. Vu les prix des carburants en ce moment, se déplacer à vélo est plutôt malin.
Encore faut-il que la ville offre les conditions de sécurité pour un usage régulier du deux-roues à défaut d’être quotidien.
« Les statistiques d’accidentologie sont assez effrayantes. À Puycyclette, on estime qu’utiliser le vélo est un moyen d’apaiser la circulation avec moins d’embouteillages »
Dans ses revendications, l’association entend s’appuyer sur le document que l’agglomération avait elle-même produit il y a cinq ans, le « schéma directeur cyclable ». Autre demande très forte : que les collectivités consultent davantage les usagers lors des aménagements. Les cyclistes regrettent par exemple l’installation de gros projecteurs devant l’église des Carmes limitant l’accès à la Via Dolaison qui sera prochainement inaugurée. Autre regret : le manque de continuité des pistes aménagées, et donc de concertation entre communes.
Il existe pourtant des avancées avec des zones « 20 » en centre-ville ou « zones de rencontre ». Peu de personnes le savent, mais ces zones donnent la priorité aux piétons devant les cyclistes et ces derniers devant les automobilistes. Avec une modification du régime de priorité. De même, au feu, les discrets panneaux M12 précisent que les vélos ont le droit de tourner à droite ou d’aller tout droit. « Attention, c’est un cédez-le-passage vélo, ce qui ne veut pas dire que ces mêmes vélos ont le droit de griller les feux ! », prévient Pierre Sahuc. Cette nouvelle signalisation en ville (dont l’association revendique la paternité) permet aux utilisateurs de deux-roues de s’extraire du flux de circulation avant que les voitures ne s’élancent.
Davantage de pistes sécurisées, cela rendrait la pratique du deux-roues plus aisée, estiment les membres de l’association. Pourquoi ne pas sacrifier sur le Breuil une voie de circulation voiture ou de parking ? s’interroge la Puycyclette. Les adeptes du deux-roues ne manquent pas d’arguments comme celui-ci : « Un réseau de pistes cyclables revient bien moins cher que la création de parkings. Ce qui est un bon moyen de redonner du pouvoir d’achat aux concitoyens », dit Pierre Sahuc. Celui-ci estime que Le Puy est bien doté en places de stationnement par rapport à d’autres villes de même taille. Les membres de l’association reprochent aux collectivités de se dédouaner : elles ont consenti des efforts sur les voies vertes, alors pourquoi encore sur des pistes cyclables ?
Le passage assez risqué de ronds-points, tels que Henri-Dunant ou Lafayette, n’est pas de nature à rassurer les cyclistes néophytes. Une représentante de l’association rapporte : « Une mère de famille d’Espaly-Saint-Marcel me disait qu’elle voulait venir avec sa fille à vélo au Puy, mais y avait renoncé car elle avait peur ».
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