Mercredi 10 septembre 1975. Nuit d’angoisse au Puy-en-Velay. « Aux environs de 23 heures, plusieurs appels de sirène tiraient les Ponots du lit ou de devant leur poste de télévision », écrit notre journaliste Jean Verroul dans La Tribune – Le Progrès du jeudi 11 septembre 1975. En plein centre-ville, « un violent incendie venait de se déclarer au troisième étage de l’Hôtel du Parc, un établissement d’une quarantaine de chambres, situé avenue Clément-Charbonnier ».
Tout commence lorsque l’exploitant est alerté par des cris provenant des étages : le feu vient d’éclater et les occupants de la chambre n°24, donnant sur la rue de la Ronzade, ne parviennent plus à ouvrir leur porte. L’hôtelier, Albert Pluton, parvient à libérer les clients pris au piège. Au moyen d’un extincteur, il tente de combattre le départ de feu tandis que des clients étouffent les flammes sur les moquettes au moyen de serviettes mouillées. En vain. L’incendie devient hors de contrôle.
Aussitôt, c’est la panique. Tandis que les pompiers sont appelés à la rescousse, l’ordre d’évacuation est donné à tous les étages. Il faut faire vite : l’hôtel accueille effectivement, ce soir-là, plus d’une quarantaine de clients parmi lesquels vingt-deux personnes de la région d’Annecy, arrivées la veille en autocar pour une halte sur la route des gorges du Tarn.
Le matin du jeudi 11 septembre 1975, La Tribune – Le Progrès est parvenue à rattacher, en dernière minute, un article sur cet incendie nocturne. L’information s’étale en première page de l’édition du jour et fera l’objet d’un retour sur une page le lendemain. Photo Archives La Tribune Le Progres
Des appels à l’aide, une silhouette à la fenêtre…
L’angoisse est d’autant plus grande que le brasier prend très vite de l’ampleur et menace également le garage Pradines, situé à proximité immédiate, et dans lequel dorment plusieurs véhicules ainsi que des cuves de carburant.
Quand les premiers engins de secours arrivent, l’hôtel n’est déjà plus qu’un brasier. Les flammes ont gagné le quatrième puis le cinquième étage et sortent par les ouvertures donnant sur la rue de la Ronzade. C’est alors que se joue la tragédie. « Dans un décor dantesque, les premiers témoins voyaient apparaître une silhouette à une fenêtre. Cernée par les flammes, une femme allait lancer deux appels au secours avant que son corps ne bascule dans le brasier. Les pompiers avaient dressé contre la façade une grande échelle, mais ils ne parvenaient pas à s’approcher suffisamment, les lignes électriques sous tension constituant un rideau mortel infranchissable ».
Les soldats du feu doivent alors intervenir dans des conditions épouvantables. En premier lieu, ils manquent d’eau pour attaquer le sinistre : ils n’ont d’autres solutions que de tirer plusieurs dizaines de mètres de tuyau pour se raccorder aux bouches d’incendie, d’un côté au niveau de la place du Breuil et, de l’autre côté, vers le musée Crozatier. Ensuite, le standard téléphonique de la caserne est submergé d’appels, au point que les stationnaires ne parviennent pas à prendre la ligne pour alerter EDF et demander la coupure des alimentations électriques qui leur permettrait d’accéder aux étages.
Des clients sur les toits
Pourtant, sur les lieux, il y a urgence. A l’arrière, sur les façades donnant rue Jean-Baptiste-Fabre, deux enfants de 6 et 11 ans sont réfugiés dans une loggia au quatrième étage. Par les toits des immeubles adjacents, il faut aussi évacuer des clients pris au piège, dont certains avaient noué des draps pour confectionner des cordages de fortune.
Finalement, vers minuit, au terme d’une lutte acharnée, les sapeurs-pompiers parviennent à enrayer la propagation des flammes. Mais le bilan est très lourd. Dans les décombres du quatrième étage, le corps sans vie d’une cliente est retrouvé. Il s’agit de la victime aperçue par des témoins aux premiers instants de l’incendie. La femme, âgée de 77 ans, était originaire de Menton. Cinq personnes (dont deux sapeurs-pompiers) sont également blessées au cours de l’intervention.
Au lendemain de l’incendie, la ville découvre aussi les dégâts matériels immenses laissés par l’incendie. L’Hôtel du Parc, fleuron hôtelier de la ville, est détruit : les troisième et quatrième étages ont totalement brûlé. Idem pour la toiture. Quant aux étages inférieurs, ils ont été ravagés par les tonnes d’eau déversées pendant l’intervention. Les ruines béantes de l’établissement seront rénovées quelques mois plus tard. Mais ce quartier de la ville gardera encore longtemps le souvenir de cette sinistre nuit de septembre 1975.
La fonction de cc-portes-auvergne.fr étant de collecter sur le web des articles sur le sujet de Les portes de l’Auvergne puis les diffuser en répondant au mieux aux interrogations des personnes. L’équipe cc-portes-auvergne.fr vous soumet cet article qui parle du sujet « Les portes de l’Auvergne ». Cette chronique a été reproduite du mieux possible. Vous avez la possibilité d’écrire en utilisant les coordonnées fournies sur le site pour apporter des explications sur cet article qui traite du thème « Les portes de l’Auvergne ». En consultant régulièrement nos contenus de blog vous serez informé des futures parutions.
